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Le principal manquement : le non respect d’une confidentialité stricte.

La mise en cause : l’excès de réglementations et leur complexité.

La DGSI enquête depuis 2014 sur des documents « confidentiels défense » ayant transité sans protection sur Internet. Des documents secrets auraient pu permettre la localisation d’un sous-marin nucléaire d’attaque.

Dans l’armée française, tout le monde le connaît sous l’acronyme d’Alindien. Le terme désigne le chef de la base française d’Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis. ­Depuis 2010, un amiral y commande des troupes au sol, la base aérienne ainsi que toute la flotte française dans l’océan Indien, une des zones les plus sensibles du globe, entre la péninsule arabique et le Pakistan. C’est de ce « hub » stratégique que décollent les avions pour les raids en Irak et en Syrie. Or en mars 2014 la section chargée des affaires militaires au parquet de Paris a lancé une enquête préliminaire pour « compromission du secret de la défense nationale » qui vise l’état-major d’Alindien pour l’année 2014. En poste de 2013 à 2016, le contre-amiral B. a dû s’expliquer devant les enquêteurs. Son adjoint, deux chefs d’état-major et un sous-officier ont également été interrogés, dont certains sous le régime de la garde à vue. Une affaire ultrasensible totalement secrète jusque-là et qui a pendant des mois donné des sueurs froides aux enquêteurs de la DGSI.

Tout débute fin 2013. Le contre-amiral B. a pris début août le commandement de la base d’Abu Dhabi et il est informé d’un problème de classification de documents. ­Apparemment, depuis 2011 déjà, la base française, faute d’effectifs de traducteurs notamment, prend des libertés avec la classification de rapports militaires en provenance des Emirats. « Chez eux, tout étant secret, on a vite été noyés de documents classés “Siri”[l’équivalent de secret défense aux Emirats arabes unis] sans pouvoir les trier ni les archiver comme on aurait dû », reconnaît un officier français. « Le contre-amiral B. a rendu compte à Paris, directement à l’état-major des armées, et a ordonné des mesures adéquates », assure un proche. http://www.lejdd.fr/societe/justice/espionnage-un-amiral-dans-le-collimateur-du-parquet-de-paris-3438389.amp